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Strawberry swiss roll | Gâteau roulé aux fraises, crème mascarpone





Ce matin là, je me suis réveillée en distinguant un parfum familier dans l'air. Pourtant il m'était difficile d'y associer un souvenir. Comme une odeur surannée, une époque vieillotte qui viendrait frapper à ma porte. Je regardais par la fenêtre et distinguais difficilement le spectacle urbain tant la pluie cognait fort à la vitre. Depuis quelques jours, le temps oscillait entre sourire et larmes, et l'atmosphère était moite. Il n'était pas rare que je fulmine en cuisine, les oeufs, le beurre et surtout la crème n'étant pas les alliés des grandes chaleurs. Je mettais le coeur à l'ouvrage, en battant vigoureusement mes fleurettes en chantilly, en veillant à la fraîcheur des fouets et contenants, rien n'y faisait, elles retombaient en décrépitude. A quoi bon vivre dans "l'ancien", dans la belle pierre, jouir d'une belle hauteur sous plafond, quand l'air n'y circule plus ? 
Pourtant, cela avait été un véritable coup de coeur lors de la visite, j'y trouvais un côté biscornu à cet appartement, des pièces dispersées, des recoins, une mezzanine pour deux oiseaux perchés. A l'usage, c'était une tout autre histoire... J'étais exposée aux chocs thermiques : Summer with Monika vs. Winter is Coming (Game of Thrones)
Mon corps aurait tout aussi bien pu passer de l'état de cryogénisation en février ou de côtelette d'agneau au barbecue en juillet ! 
J'ouvrais alors, à la recherche d'une nappe d'air frais, c'est alors que je me suis souvenu, cette odeur de bitume chaud, que les averses ont lavé. Les feuilles libérant leur parfum singulier et puis au loin, le cri des enfants. Oui, il y avait cette époque distincte qui m'envahissait. Alors âgée de treize ou quatorze ans, mon année scolaire touchait à sa fin. Les leçons du soir étaient moins soutenues et je pouvais aisément profiter des soirées à rallonge, quand le jour tarde. Le temps était tout aussi capricieux à cette époque, et la cour de l'école, l'herbe du jardin, dégageaient une chaleur orageuse. L'humidité était à son point culminant, un climat tropical en Normandie !
Je me suis aussi souvenue des mercredis après-midi, à jouer dans la cour bétonnée, devant la maison de mes grands-parents. Ou encore ces samedis aux ciels tumultueux, à funambuler sur le muret en pierre qui dessinait le jardin de ma tante. Quand la météo nous chassait en intérieur, j'apprenais la pâtisserie à ses côtés. C'est ainsi que j'appris à réaliser une génoise roulée, moelleuse comme un oreiller de plumes, au bon goût d'oeuf. C'était un coup de main, il fallait être vif et rapide pour que le biscuit ne casse pas une fois roulé sur lui-même. Nous le garnissions de confiture de fraises, ou de chocolat noir, dense, fort. De temps à autres, nous décorions de vermicelles colorés ou d'une ganache crémeuse.
Le gâteau roulé se prête à de nombreuses variations. Cette recette est tout ce qu'il y a de plus régressif, c'est un voyage dans le temps, un souvenir qui danse. La démonstration que j'en fais ici se rapproche grandement de celle que j'ai apprise et s'inspire des versions de Waitrose ou encore du très joli travail de Kayley.





INGRÉDIENTS POUR UN GÂTEAU DE 8 PARTS

Pour la génoise :

6 oeufs (jaunes et blancs séparés)
150 g de sucre
Le zeste d'un citron
1 c. à c. d'extrait de vanille liquide
150 g de farine
1/2 sachet de levure chimique

Pour la garniture :

250 g de fraises
500 g de mascarpone
15 cl de crème fleurette
50 g de sucre glace
2 c. à s. de confiture de fraise

PRÉPARATION :

Préparer la génoise :

Faites préchauffer le four à 250°C. Beurrez une plaque à génoise puis tapissez-la de papier sulfurisé, réservez.
Dans un saladier, battez les jaunes d'oeuf, le sucre, le zeste et l'extrait de vanille jusqu'à ce que le mélange blanchisse et fasse le ruban.
Dans un autre saladier, battez les blancs d'oeuf en neige ferme. Tamisez la farine et la levure.
Incorporez, en les alternant, la farine et les blancs d'oeuf en neige, à l'appareil au sucre.
Versez cette préparation sur la plaque puis faites cuire 8 à 10 minutes. A la sortie du four, retournez la génoise sur un torchon légèrement humide puis enroulez-la sur elle-même. Réservez jusqu'à complet refroidissement.

Préparer la garniture :

Dans un saladier, battre la crème fleurette en chantilly en y ajoutant progressivement le sucre glace.
Dans un autre récipient, batte le mascarpone avec la confiture de fraises.
Incorporez délicatement la chantilly à la crème de mascarpone.
Étalez les deux tiers de cette préparation sur la génoise déroulée, parsemez de fraises. Roulez la génoise délicatement sur elle-même. Décorez de crème restante et de quelques fraises.






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Butternut and Christmas spices bundt cake | Bundt cake au potimarron et épices de Noël


La maison est rue de la Vieille Église, protégée des regards indiscrets. Les années défilent et des constructions modernes la bordent désormais de toute part. Ses arbres centenaires, tels des remparts, l'isolent du temps qui passe, c'est une résistante, une invincible gauloise dans son écrin de verdure.
On accède au jardin par un portail de bois blanc, portail sur lequel je montais péniblement alors âgée de six ans et que je laissais s'ouvrir sous l'effet de la pente douce, c'était mon manège à moi. Les graviers épousent la pelouse entretenue avec soin et dessinent les chemins des Nord et Sud. Les parterres bordant l'éternel muret de pierre blanche, sont fleuris de roses, de tulipes, de pensées ou encore d'amour. La pierre est colonisée par l'alysse à la douce odeur de miel quand ses bourgeons viennent à éclore. 
Je m'y suis assise ici, je m'y suis racontée des histoires : tantôt princesse, tantôt aventurière. Et puis la terrasse de dalles grises qui, lorsqu'on suit les courbes de la maison, amène au bassin, tout en arrondi. Je me vois encore descendre les marches du perron pour me précipiter sous les cerisiers dont les branches pliaient sous le poids des fruits. Le mois de juin c'était la course aux oiseaux, les empêcher de cueillir cette chair rouge et sucrée pour s'en régaler ou égayer mon teint de friandes boucles d'oreilles. Le potager, désormais transformé en un joli massif, débordait de pommes de terre, de poireaux ou encore de carottes. Je longeais toujours la pierre comme fil conducteur d'une promenade gourmande. Poiriers, pommiers, groseilliers louvoyaient une serre dans laquelle tomates, rhubarbe et fraises déployaient leurs parfums. 
Une fois mes escapades terminées je remontais à vive allure vers la maison, dans laquelle j'entrais rapportant avec mois quelques feuilles de laurier dont j'affectionnais particulièrement la senteur. "C'est drôle comme elles ont l'odeur d'un plat d'hiver, d'un plat réconfortant..." me disais-je.
Je filais alors dans la cuisine où, très souvent une teurgoule attendait patiemment, dans le four, de voir sa surface brunir puis se craqueler légèrement. 
Mamie, assise dans le petit salon de velours vert olive regardait les jeux télévisés, j'admirais sa vivacité d'esprit, sa faculté pour donner la réponse avant même que l'animateur ait terminé de poser sa question. Aujourd'hui encore, il me démange de l'inscrire... 
Bon Papa, était dans son atelier, une véritable cabane perchée. On le devinait aux grands airs de classiques s'en échappant. Wagner, Bach, Ravel, Mozart, étaient alors tous conviés pour le thé. Je montais discrètement les marches et je l'épiais : penché sur sa toile, son vieux mégot suspendu à la commissure des lèvres, il exécutait de petits gestes précis au pinceau. L'acrylique rose poudré pour l'arrondi d'un sein, un rouge plus soutenu pour une lèvre charnue, un noir mêlé au brun pour le reflet d'une mèche de cheveux. C'était son truc, représenter la femme dans toute sa nudité, lui donner forme et délicatesse à l'aide de la martre. Un port altier, une élégante cambrure de reins, un collier de perles et parfois une robe légère où joue la transparence, caractérisent ces dames imaginaires. Danseuse espagnole, bohémienne, fille des champs, amante ou encore romantique habillent les murs de la maison. C'est une ode à la féminité et au charnel en costume de grâce. J'aimais sentir cette odeur de pigments mélangés à la résine, savoir que les couleurs dansaient sur des fibres de coton.
Une fois ma mission secrète achevée, je retournais au salon, m'asseyais en tailleur et je plongeais mon bras dans le bocal à friandises. La nuit tombait, baignant la Pommeraie dans un clair-obscur. Je devinais, par la fenêtre, l'ombre des fleurs quand l'été régnait, et le boléro des flammes d'un feu de cheminée quand l'hiver s'installait. 
J'entends encore le parquet craquer, la chouette hululer et les ailes des papillons s'agiter. J'ai à l'oreille le tintement de la cuillère plongée dans une soupe à la tomate ou encore le fracas des heures qui passent et que la vieille horloge se charge de sonner. J'ai l'odeur du risotto qui laisse mes sens en éveil. Sous mes pieds nus, je sens la pierre froide et polie des marches menant au grenier. Je respire le parfum du bois et de la terre battue dans la cave au sous-sol, mêlée aux volutes de lessive. 
J'ai soudainement à l'esprit, une carte postale de Noël. Les santons sur le buffet, le sapin près de la bonnetière et le vestibule où résonne les rires des enfants, des frères, des soeurs, des cousins et des cousines. Les verres de whisky qui s'entrechoquent, la chaleur des pièces, la fatigue qui lentement s'empare de nous tous.
Je perçois le bruit sourd des conversations autour d'une table de bridge s'élevant jusque dans la petite chambre et  me berçant quand vient l'heure de dormir.
Et je ne sais alors plus si c'est un souvenir ou un rêve, mais je le garde au chaud, là, contre mon coeur.



INGRÉDIENTS POUR UN GÂTEAU DE 12 PARTS :

250 g de sucre
70 g de sucre muscovado
20 cl d'huile d'olive
Le jus d'une orange + le zeste
4 oeufs
400 g de purée de potimarron
390 g de farine
1 cuill. à café de sel
1 cuill. à café bicarbonate alimentaire
2 cuill. à café de cinq épices

Glaçage :

125 g de fromage frais
125 g de sucre glace
1 cuill. à café de vanille liquide
Le jus d'une orange

PRÉPARATION :

1. Préchauffer le four à 180°C, beurrer et fariner un moule à bundt cake (ou savarin).

2. Dans un récipient mélanger au fouet le sucre et l'huile d'olive. Ajouter les oeufs un à un en battant bien après chaque ajout. Incorporer le jus de l'orange. Ajouter la purée de potimarron. Réserver.

3. Dans un saladier, tamiser la farine, le sel, le bicarbonate alimentaire les épices et le zeste d'orange.

4. Incorporer le mélange de farine à la préparation au potimarron. Verser dans le moule et faire cuire pendant 50 à 55 minutes. Vérifier la cuisson à l'aide d'un pic en bois qui doit ressortir propre et sec du gâteau en fin de cuisson. Laisser refroidir.

5. Préparer le glaçage : battre le fromage frais, le jus d'orange et le sucre glace. Répartir ce glaçage sur l'ensemble du gâteau. Mettre au frais une heure.



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